Les phases observées dans l’interaction entre les narcissiques
et les dépendants affectifs dysfonctionnels,
vous permettent de prédire le cours de votre relation.

 

Si dans une relation intime, vous doutez de vous-même, peut-être que les questions suivantes tourmentent votre esprit : « Qu’est-ce qui se passe ? Comment puis-je expliquer le fait que je me sente constamment seul(e), négligé(e) et nie(e) ? Pourquoi mon/ma partenaire ne me regarde-t-il/elle pas ? Pourquoi ne me fait-il/elle pas l’amour ? Pourquoi ne me prend-il/elle pas dans ses bras, ni ne me montre-t-il/elle de tendresse ? Pourquoi ai-je l’impression qu’il n’y a pas de complicité entre nous ? Pourquoi me rabaisse-t-il/elle? Pourquoi ne me respecte-t-il/elle pas ? Pourquoi mes opinions, mes désirs ou ce que je ressens, ne sont pas prises en considération ? Pourquoi ne me donne-t-il/elle aucune attention ? Pourquoi ne me témoigne-t-il/elle pas d’empathie ? » Si vous vous posez ces questions, c’est que vous vivez avec une personne atteinte du trouble de la personnalité narcissique.

 

Le narcissisme est une condition post-traumatique

Dans leur enfance, les narcissiques ont souffert d’une interruption brutale de leur évolution vers leur autonomie. Ils sont restés psychologiquement bloqués dans l’étape narcissique, entre 8 mois et 4 ans. Profondément blessés, ils utilisent le lien amoureux pour réparer leur blessure en détruisant leur partenaire. Ils utilisent tous les mêmes stratégies de pouvoir. C’est pourquoi les étapes de la relation sont prédictibles.
Il faut savoir que les phases de la relation ont été décrites par le professeur et psychologue israélien Sam VAKNIN, expert international en trouble de la personnalité narcissique. Il a publié plusieurs ouvrages en anglais, dont le plus connu s’intitule : « Malignant Self Love. Narcissism Revisited ». Traduit par « L’amour malsain de soi. Le narcissisme revisité ». C’est à la lumière de son éclairage, autant que de ma propre expérience professionnelle et personnelle, que dans cet article j’aborde les phases de la relation narcissique/dépendante. Dans mon livre, vous obtiendrez toutes les connaissances nécessaires. Vous pouvez cliquer ici pour lire les thèmes : « L’Enfer narcissique », « Sortez de cette folie hypnotique »,

Note : pour me faciliter la tâche, j’utilise le masculin pour parler de la personne narcissique et le féminin pour m’adresser à vous, sa victime.

Première phase : l’idéalisation et le maternage mutuel.

 

Quand vous rencontrez un narcissique pour la première fois, il vous montre sa meilleure facette : sa brillance intellectuelle, son omniscience, ses atouts physiques ou ses habilités. Si vous vous intéressez à lui, il projette sur vous son propre sentiment d’importance, la surestimation de sa beauté, de sa force, de sa puissance, de sa brillance intellectuelle, de son omniscience, etc. C’est ainsi qu’il vous « élève » à sa hauteur et cela lui permet de contempler et d’aimer sa propre image reflétée dans vos yeux. Si vous commencez à l’admirer, ou pire encore, à l’idéaliser, vous devenez alors son « miroir » parfait. C’est ainsi que vous le nourrissez.

 

L’idéalisation est une hypnose basée sur le désir infantile d’amour fusionnel

C’est une hallucination « positive », qui vous empêche d’observer les comportements de l’autre tels qu’ils sont. Elle comporte votre naïveté et la projection d’un « être idéal » que vous voulez voir en cette personne. Si dans l’enfance vous aviez eu un parent narcissique ou par un parent dépendant, vous étiez utilisée pour combler son vide existentiel ou psychoaffectif. Vous avez idéalisée ce parent. À partir du moment où vous idéalisez un narcissique, vous fait le transfert sur lui du parent qui vous a instrumentalisé.

Le besoin des narcissiques est de se séparer du parent qui les a blessé

Si bien vous et votre narcissiques ensemble une relation infantile, il vous idéalise parce qu’il cherche à obtenir de vous des services d’accord à son programme. Il veut se venger et se séparer du parent qui l’a blessé en vous utilisant pour le faire. Il fait le transfert de ce parent sur vous, pour enfin obtenir son pouvoir personnel. Grâce à votre idéalisation, il peut vous manipuler et vous contrôler à volonté, pour se sentir enfin supérieur et tout-puissant. Face à ce parent que vous devenez pour lui, il se sent enfin vainqueur.

La dépendance affective dysfonctionnelle est une condition post-traumatique

Ce traumatisme a généré une interruption brutale de votre évolution vers votre autonomie psychoaffective.
Si dans l’enfance vous avez été conditionnée par un parent narcissique, (père ou mère), il a fait de vous la dépositaire de sa psychopathie et l’extension de son identité. Par conséquent, votre sens du « moi » est attaché au sien. À moins que vous n’ayez consciemment évolué, vous vivez toujours dans un état de survie psychoaffective infantile, vous n’avez pas un ego solide et vous ne pouvez pas établir vos limites affectives. Face à un narcissique, vous régressez en âge à l’époque où vous étiez instrumentalisée par ce parent. Pour savoir plus cliquez ici pour lire cet article : La dépendance affective et le syndrome d’Écho.

Les réactions des narcissiques et des dépendantes sont distinctes

La personne dépendante dysfonctionnelle est devenue hyper-empathique, tandis que la personne narcissique est devenue hyper-égoïste. Comme les deux participants se trouvent dans un état de survie psychoaffective infantile, ils ressentent le besoin d’avoir une relation symbiotique. Le problème est que le narcissique a une intention malsaine. Il transfère sur l’autre le parent idéalisé, qui les a blessé, pour qu’il paye les comptes nos réglés avec ce parent. Vous pouvez lire ici l’article intitulé : Les distorsions cognitives des narcissiques.

Par ses distorsions cognitives, le narcissique vous hypnotise

Il utilise la stratégie de « bombardement » affectif, la séduction, la manipulation et la fourberie, au point de vous faire tomber amoureuse de votre « meilleure image ». C’est alors qu’il intériorise la représentation qu’il fait de vous et commence à vous posséder. En vous traitant comme si vous étiez son « objet interne », il génère une induction hypnotique. Inconsciemment, il stimule les ondes cérébrales de votre cerveau, par des stimulations sonores, tactiles, olfactives, ainsi que par ses gestes, attitudes et sa façon d’exprimer les choses. Il induit en vous les mêmes fréquences que les siennes ! Alors vous commencez à être manipulée selon son programme vindicatif.

Vous confondez votre état hypnotique avec l’amour

Hypnotisée de cette manière, votre « dopamine » s’active et vous vous entichez. Ce neurotransmetteur est une substance chimique qui produit des sensations euphorisantes et vous fait percevoir la vie en couleurs. Vous êtes excitée, très exaltée ! Vous confondez cette sensation avec l’amour. Quand votre cerveau devient l’extension du sien, vous devenez son « zombie », son « clone ». Sans vous en rendre compte, vous confondez cet état hypnotique avec l’amour. Vous vous laissez emporter par cette hypnose qui est ressentie comme « coup de cœur » irrésistible. Vous pensez que cet homme adorable peut vous comprendre comme personne d’autre. Vous croyez à son « amour » et à ses promesses. Vous rêvez d’avoir une relation qui vous donnera enfin une certaine structure ou un certain équilibre dans votre vie. En fait vous entrez dans un état de confusion grave, qui vous empêche d’y voir clair. Aveuglée par l’amour et la fascination que vous ressentez, vous ignorez certains signaux, pourtant révélateurs. Par ignorance, vous interprétez ce qui se passe de façon à vous fourvoyer. C’est ainsi que très vite vous devenez son otage.

Le narcissisme se manifeste par une identité d’absence

Votre narcissique manque de présence psychoaffective et émotionnelle. Il n’a pas de cœur, car dans son enfance il a sacrifié son vrai Self à son « Dieu », qui est son faux self. Vous allez souffrir tout au long de la relation de son rejet et de son absence psychoaffective et émotionnelle. Il vous rejette par l’usage qu’il fait de vous. Pour mieux vous utiliser, il vous montre votre meilleure image dans sa galerie de miroirs. C’est ainsi que ne seulement vous tombez amoureuse de lui, mais vous tombez amoureuse aussi de celle que vous croyez pouvoir être à ses côtés. Vous tombez amoureuse de votre « Moi » idéal. Lorsque vous voyez votre « Moi » idéal reflété dans ses yeux, vous commencez à croire qu’il est votre « âme sœur » et vous perdez toute capacité de reconnaître vos besoins légitimes et d’affirmer vos limites.

Le maternage mutuel

Si votre meilleure image est votre attitude de générosité, d’autosacrifice et d’empathie, il transfère sur vous la représentation qu’il fait de sa « mère nourricière ». En transférant sur vous cet « objet primaire », il vous envoie deux messages implicites qu’il ne vous dirait jamais en voix haute, mais juste par ses attitudes et ses gestes :

  1. Je ne suis qu’un enfant inoffensif, ne me fais pas de mal !
  2. Je suis impuissant et sans défense, prends soin de moi, j’ai besoin de toi !

Par ces messages implicites, il vous manipule émotionnellement pour que vous preniez soin de lui et que vous ne l’abandonniez pas. Son attitude infantile découle de ce qu’on appelle en psychologie une « adaptation positive », aussi dysfonctionnelle qu’efficace, qui lui permet, malgré ses insuffisances, d’obtenir les bénéfices souhaités.
Si vous êtes hyper-empathique ou vous souffrez de dépendance affective dysfonctionnelle, ses messages touchent votre sensibilité et vous commencez à vous occuper de lui, à le materniser, à l’adorer et à l’idéaliser. Remarquez que, s’il se prend pour Dieu, vous devenez la mère de Dieu !
Quant à lui, pour un temps il devient la mère ou le père que vous auriez aimé avoir. De cette façon, au départ de la relation, le couple narcissique/dépendant se materne et s’idéalise mutuellement, ce qui génère une infatuation amoureuse qui peut durer pour un bon temps, surtout si la « relation » se déroule à distance.

Par exemple, une femme passait des heures après le travail à écouter son narcissique via Internet. Ayant tous deux vécu une enfance douloureuse, elle pensait naïvement qu’ils pourraient se comprendre et s’aider à guérir de leur souffrance. Mais elle a fait un burn-out parce que c’est elle qui l’écoutait. Elle ne dormait que très peu, alors qu’elle devait travailler le lendemain, tandis que le narcissique ne faisait rien. Après un an, elle a voulu rencontrer son narcissique en personne, mais il ne voulait qu’une « relation » à distance. Il l’a donc rejetée. Il l’avait rejetée dès le départ, mais elle était tellement hypnotisée, qu’elle ne s’en rendait pas compte.

Votre empathie est misse au service de votre dépendance affective

Puisque votre Auto-Orientation est dirigée vers l’Autrui, AOA, vous souhaitez sauver ce bébé narcissique qui se trouve en état de détresse et d’anxiété chronique. C’est ainsi que vous commencez à lui donner de l’ARA : Amour, Respect et Attention. En fait, vous projetez sur lui le manque que vous ressentez au fond de vous depuis l’enfance. Votre empathie, également tournée vers l’autre, vous pousse à jouer le rôle de la mère nourricière. Vos qualités, telles que le don de soi, l’abnégation, le fait de combler les besoins et les désirs de l’autre, sont réactivées et vous faites sentir à votre narcissique qu’il peut compter sur vous de manière inconditionnelle. En réalité, vous vivez en état de régression d’âge et vous oubliez d’établir vos frontières psychoaffectives. En lieu de témoigner votre empathie à votre « enfant intérieur », vous donnez à l’enfant narcissique les trois « S » qu’il demande : Sexe, Services, et Soutien sur la forme de ravitaillement narcissique. Sans vous en rendre compte, vous prenez soin de lui pour vous « guérir » ou pour « réparer » le traumatisme émotionnel de votre enfance, qui a généré votre propre manque d’amour et d’estime personnelle.

Vous narcissisez votre narcissique

En idéalisant et en maternisant votre narcissique, vous confirmez son sens grandiose d’importance. Vous lui confirmez qu’il est un génie exceptionnel ou quelqu’un de très spécial qui mérite toute votre attention et dévouement. De son côté, grâce à son empathie « froide », purement cognitive, le narcissique perçoit vos réponses et réagit en accord avec elles. Quand il vous prend pour acquise, il devient votre Maître, votre guide, votre gourou ou votre « parent bénévole ». C’est ainsi qu’il vous contrôle et vous domine.

Deuxième phase : le narcissique installe son fantasme partagé

 

II s’agit d’un fantasme inconscient de vengeance, omniprésent et répétitif, autour duquel s’organisent tous les mécanismes défensifs qui font de lui un pervers. Par son « fantasme partagé », il devient le maître du jeu, car dans son enfance il a décidé d’être l’agresseur et non la victime ou le vainqueur et non le vaincu. Quand un narcissique fait la rencontre de quelqu’un qui devient la source de son approvisionnement narcissique, il se présente ostensiblement comme un adulte désintéressé qui vous promet de s’engager. Mais il ne va pas tenir sa promesse car il ne ressent pas le besoin de fusion de la même manière que vous. La seule chose qu’il veut, c’est se servir de vous pour réaliser son fantasme vindicatif. Dans la première phase, il a fait le transfert de sa mère nourricière sur vous. Dans cette deuxième phase, il fait le transfert de sa « mauvaise mère » toute-puissante sur vous. Dès qu’il vous regarde comme sa mauvaise mère ou comme le mauvais père, il vous en veut. Dans sa galerie des miroirs, vous commencez à regarder la pire image de vous-même, car son « enfant intérieur » vindicatif projette sur vous sa rage, voire sa haine. Pour commencer, il vous soumet à un « test délirant ».

Il fait de vous l’objet de son test délirant de deux manières :

Premièrement, il devient un petit-enfant capricieux et gâté, qui s’octroie le droit d’être sadique, humiliant, dénigrant ou sans cesse en demande. Si dans son enfance, il avait immolé son vrai Self à son « faux self », aujourd’hui, c’est vous qui êtes sacrifiée à son « faux self » ! C’est sa façon de lutter pour sa survie psychologique. Il ne peut donc pas se l’empêcher.
Deuxièmement, par son AOS, son Auto-Orientation dirigée exclusivement vers Soi, vers son « faux self », il devient un parent contrôlant qui vous impose ses propres « conventions ». Le mot convention est ironique parce qu’aucune règle ou convention réelle n’est discutée à deux. Il établit son pouvoir sur la « mauvaise mère » toute-puissante qu’il transfère sur vous. De fil en aiguille, il devient le Maître, le parent disciplinaire, strict, voir sadique, qui vous contrôle, qui vous dresse sans aucune délicatesse et qui établit son pouvoir et sa suprématie en vous maltraitant psychologiquement et/ou physiquement. C’est ainsi qu’il établit son « premier type d’abus psychologique », en devenant votre père dominateur ou votre mère dominatrice, en même temps qu’il devient votre enfant gâté, qui vous mets au preuve par un test délirant.

Il vous maltraite selon son type de narcissisme

S’il est un narcissique manifestement antagoniste, il a des colères incontrôlables, il devient un volcan en éruption, il vous agresse sans aucune pitié : il peut crier et utiliser la violence verbale, émotionnelle et affective, ou physique et sexuelle. Vous devenez son otage !
S’il s’agit d’un narcissique cérébral ou occulte, il reste discret, correct et calme. Mais il utilise l’agression passive, l’absence émotionnelle et la privation affective et sexuelle. Il ne vous fait pas l’amour. Il ne vous encourage pas à aller de l’avant, ni ne célèbre vos réussites. Il ne vous accorde aucune attention: il ne voyage pas avec vous dans les lieus que vous voulez visiter avec lui, ni ne vous fait des cadeaux, il ne vous donne pas de surprises, ni ne fête votre anniversaire, il ne ressent pas de la joie de vous voir danser, chanter, jouer et rire. Si vous travaillez pour lui, il ne voit pas votre fatigue. Il ne vous voit tout simplement pas ! Vous êtes constamment niée  !

Vous devenez son objet interne et l’extension de son identité 

La représentation qu’il se fait de vous, est attachée à la représentation qu’il se fait de sa mère. Personne ne peut être une partie intégrante du psychisme de quiconque. Mais le narcissique n’a pas surpassé l’étape de séparation/individuation dans son enfance. Il confond donc ses « objets internes » avec les objets externes, les êtres humains réels. Vous pouvez lire ici l’article intitulé: La distorsion cognitive des narcissiques. En tant que son « objet interne », il ne voit pas que vous avez votre propre existence, vos propres désirs et valeurs, vos frontières psychoaffectives et vos besoins fondamentaux. Sans tenir compte de vous, il vous modèle à sa façon pour que vous deveniez à la fois « l’extension de son identité » et son « objet primaire ». C’est-à-dire la maman intériorisée et clivée sur laquelle il va vomir son chaos émotionnel. Pour lui, les attentions que vous voulez recevoir de lui sont que des banalités. Ce que vous ressentez ne l’intéresse absolument pas et ce que vous vivez à ses côtés lui laisse indifférent. Il est tellement vide psycho émotionnellement, qu’il ne ressent non plus la joie de construire une famille avec vous. Il n’est qu’une identité d’absence.

Il adopte les stratégies de manipulation suivantes :
  • Il vous fait douter de vous-même en minimisant la gravité de son abus.
  • Il invalide vos protestations et votre colère. Il vous invalide tout court.
  • Par son « discours induit », il vous persuade que vous protestations ne sont que votre point de vue, alors que vous parlez des situations factuelles que vous vivez au quotidien.
  • Il nie les faits et il justifie ses comportements, à moins qu’il ne réponde même pas, parce qu’il ne connaît pas ses comportement ni sa dynamique interne. Il vit dans le déni de sa psychopathie.
  • Il vous oppose le silence et ne vous laisse aucune possibilité de communiquer ou de commencer avec lui une discussion d’adulte à adulte. Il vous méprise et vous dit : « Tu n’es jamais contente ! » Son silence est précisément une de ses façons de vous blesser, surtout quand il jette sur vous le blâme, en affirmant que la communication est impossible avec vous.
  • Il vous compare à quelqu’un d’autre ou évoque un état psychologique défaillant en vous, pour vous désigner et vous faire sentir que vous êtes inférieure à lui.
  • Ou encore, il vous fait passer pour une folle et il vous dit : « Va te faire soigner. Je ne suis pas ton infirmier psychiatrique.»
  • Il tourne très astucieusement vos phrases contre vous, ou se sert de la moquerie et du sarcasme, car son meilleur instrument est son discours induit qu’il utilise pour vous dévaloriser.
  • Il crée le fantasme inconscient de contrôle. Il se dit inconsciemment : « C’est moi qui contrôle tes réactions. Si tu me rejettes, c’est moi qui ai généré ta réaction.»
Au départ, vous vous suradaptez à son abus

Si votre capacité de respecter vos besoins et vos limites est restreinte, vous lui permettez de faire de vous ce qu’il veut. Au nom de l’amour, vous vous suradaptez. Vous faites cela parce que vous ignorez ce qu’est le trouble de la personnalité narcissique, autant que vous ignorez ce qu’est la dépendance affective. C’est ainsi que s’établit une liaison symbiotique et traumatique entre vous et lui. En réaction à votre peur de séparation ou d’abandon, à votre urgence de fusion et à votre besoin de vous structurer à partir d’une relation de couple, vous devenez ce que le narcissique veut que vous « soyez ». Comme un écho, vous répétez ou imitez ce qu’il dit et vous allez toujours dans sa direction sans vous poser des questions. Concrètement, vous adhérez à ses comportements. Vous acceptez ses besoins compulsifs et répondez à ses besoins fondamentaux. Vous travaillez dur pour lui. Vous lui donnez votre maison, lui offrez des cadeaux et tout ce qu’il veut. Vous prenez en charge les dépenses de ses vêtements et chaussures, payez les restaurants et divertissements. Vous achetez les voiles de son bateau ou son équipe de ski, et si possible, vous payez ses dettes. Vous faites les courses, cuisinez les repas, nettoyez la maison, etc. Si vous avez des enfants avec lui, vous avez en charge leur éducation. Ou encore, vous essayez de le « guérir ».

Vous confondez « suradaptation » et « intimité »

Par votre suradaptation, vous créez l’idée qu’il y a de la solidarité, de la complicité ou de l’intimité dans votre couple, alors que votre narcissique agit en sens inverse et vous utilise en acceptant votre suradaptation et tout ce que vous lui donnez. Il vous néglige, vous maltraite et vous traite avec une froide indifférence. Ses conduites redondantes génèrent en vous une grande souffrance chronique. Mais vous continuez à jouer le rôle de mère nourricière, de souffre-douleur, de domestique, d’esclave, de victime ou d’objet exploitable à volonté. Votre adaptation à ce premier type d’abus, est proportionnelle à votre incapacité à établir vos limites psychoaffectives. En croyant que la seule façon d’aimer, est d’accepter ce type de relation dysfonctionnelle, vous manquez du discernement et du recul suffisants pour éviter de tomber dans le piège infernal dans lequel votre propre vide psychoaffectif et votre manque d’amour, issus du traumatisme émotionnel de l’enfance, seront constamment confirmés. C’est ainsi que vous serez niée dès le début, jusqu’à la fin de la relation.

Inévitablement, vous faites une introjection de son abus

Vous intériorisez le programme que votre narcissique vous impose. Vous restez ainsi dans une « zone de confort » où vos limites psychoaffectives sont niés par vous-même et par votre narcissique. Vous incorporez son test délirant dans votre système et lui permettez de vous négliger, de vous ignorer, de vous raviser, de vous traiter avec dédain, etc. Telle est la « convention ». Le narcissique invalide vos émotions et vous régressez en âge au point de vous sentir coupable des traitements qu’il vous inflige ! Ce n’est pas une relation d’amour. C’est une interaction sadomasochiste, dans laquelle vous permettez au narcissique de vous exploiter, parce que vous croyez qu’aimer avec un grand « A », signifie de lui permettre de vous utiliser et de vous détruire.

Son double renforcement et son cercle de punitions

Lorsque vous vous adaptez à ses « conventions », vous lui permettez de vous imposer sa stratégie de « double renforcement». D’une part, si vous respectez ses conventions, il se calme, et peut-être qu’il vous récompense. D’autre part, si vous le décevez, son « enfant vindicatif » vous punit. Il vous souffle ainsi le chaud et le froid. Il met en place son cercle de punitions : « tension et violence, apaisement et geste affectueux ». Lorsqu’il vous aborde avec son côté affectueux, charmant, adorable, drôle, intelligent et utile, vous continuez à vous attacher à lui et vous oubliez ce qu’il vous fait. Le cercle des punitions génère une telle altération de votre conscience et une telle confusion, que vous pouvez vous sentir coupable de « mal interpréter » ses comportements ! Vous pourriez les justifier et ne protester qu’occasionnellement, car vous avez déjà peur de ses réactions et vous vous sentez si peu sûre de vous, que vous marchez sur des œufs. Peut-être que votre état hypnotique de confusion est si profond, que vous ne pouvez pas reconnaître ni ses comportements, ni les vôtres !

Votre enfant intérieur se sent coupable

Puisque vous régressez en âge, vous vous sentez coupable comme un enfant devant son parent abusif. Ne pas reconnaître la culpabilité de votre « enfant intérieur », vous empêche d’écouter vos besoins fondamentaux et de reconnaître vos frontières psychoaffectives dans cette interaction malsaine. Si vous les reconnaissiez, vous quitterez la relation, car votre narcissique est dans un déni total de sa psychopathie. Il pratique donc, le détournement de faits et le blâme qui vous font sentir coupable.

 

Troisième phase : votre tentative de négociation et son rejet

 

Si les deux phases précédentes ont duré longtemps, la troisième phase pourrait être plus courte si vous êtes une « dépendante active ». Mais si vous êtes une « dépendante passive », cette phase peut durer pendant des années. Elle se caractérise par le « deuxième type d’abus » qui établit le narcissique. Si votre dépendance affective n’est pas très grave, à ce stade vous prenez enfin conscience de votre rôle de « chose », rôle qui peut-être, vous avez joué dans le passé avec l’un de vos parents. Vous ressentez le besoin d’équilibre. Vous aimeriez lui faire comprendre que ce que vous vivez est insupportable. Vous proposez à votre narcissique des alternatives : vous tentez de négocier, d’établir un accord avec lui. Vous décidez de poser vos conditions et de lui demander de changer. Mais il ne peut pas vous écouter, car il est dans le déni de sa psychopathie et de ses comportements. Il déteste vos demandes de négociation et surtout vos plaintes ! Quand vous essayez de « négocier », il manifeste son rejet total de vous. Délibérément, il abuse de vous psychologiquement, sexuellement et financièrement. Il est de plus en plus absent et refuse de communiquer. Dans cette phase de négociation, il souhaite vous éliminer de sa vie. Si dans la deuxième phase sa violence était inconsciente, dans cette deuxième phase, elle devient consciente, même s’il ignore encore ce qui la génère.

Le narcissique installe son deuxième type d’abus

Le deuxième type d’abus se caractérise par une augmentation de ses attitudes d’enfant gâté et de sa dominance. Il exprime de manière ostentatoire sa déception et sa désapprobation face à votre refus d’accepter ou de vous adapter à son « test délirant » et fait des commentaires négatifs et pessimistes à votre sujet. Le cercle de punitions s’intensifie et il devient cyniquement gênant et irritant. Il projette sur vous de plus en plus sa rage contre sa « mauvaise mère » tout en restant calme. Il exprime ainsi le rejet de votre personne. Également, il projette sur vous sa propre stupidité, ses faiblesses, ses peurs, dévaluations, envies et besoins de compétition. Il devient totalement absent et contrôle la relation en invalidant vos émotions et en évitant toute communication significative avec vous. Il vous fait porter sa rage pendant qu’il reste froid et distant.

Les punitions d’un narcissique cérébral ou d’un narcissique occulte

Ces deux sous-types vous négligent indéniablement et ne vous donnent aucune attention. Votre narcissique ne vous accorde aucun crédit pour votre présence dans sa vie, ou pour votre constance dans la relation. Il est indifférent à votre amour et à votre solidarité. Il vous rejette constamment sans aucun remords : il ne vous remarque pas, il ne vous regarde pas, il ne vous écoute pas, il ne s’intéresse pas à ce que vous vivez à ses côtés, il ne se livre pas, ni ne s’abandonne à vous. Si vous maintenez sa qualité de vie par votre travail, il ne reconnaît pas vos efforts, ni vos attentions, ni ne se rend pas compte de votre fatigue. Il vous ignore complètement car il n’a aucune empathie. Il ne voit pas que la dynamique du couple est très déséquilibrée. Il ne voit pas que vous lui donnez beaucoup plus qu’il ne le fait, que vous vous impliquez beaucoup plus que lui, surtout si vous avez des enfants. Il vous punit par la dissociation, le silence, l’indifférence glaciale, des attitudes méprisantes et dénigrantes et par le refus de communication et de sexe. Il vous traite avec dédain et vous laisse dans l’isolement le plus total, sans aucune pitié ! Il se retire dans ses activités, son travail ou devant l’écran de son ordinateur pour travailler, pour s’amuser ou rêver. Il part et vous laisse seule à la maison. Vous ressentez clairement qu’il n’y a aucune intimité ni complicité possible avec lui, parce qu’il est attaché par un fil invisible, au phantasme de sa mère. Au sujet du « fil invisible », vous pouvez visionner le film « The Phantom Thread », réalisé par Paul Thomas Anderson avec Daniel Day-Lewis et Vicky Krieps.

Les punitions d’un narcissique antagoniste ou d’un narcissique paranoïaque

Ses violences sont verbales et physiques et sa sexualité est sadique. Vous commencez à avoir de véritables crises émotionnelles, mais tout ce que vous obtenez de lui ce sont ses reproches et des punitions terribles, soient-elles verbales, physiques, psychologiques ou financières. En surcroît, il peut vous trahir sans aucun remords, puisque vous n’êtes que sa mère. Il se sent ainsi le « Maître du jeu ».

Comment agissez-vous si vous êtes une « dépendante active » ?

À ce stade, vous ressentez le besoin de rétablir votre estime personnelle et votre équilibre. Vous pensez alors à mettre en œuvre un acte de défi, d’indépendance. Peut-être décidez-vous de le trahir ? Pour vous, cette action n’est que symbolique. Elle vise avant tout à vous consoler. C’est également une tentative de restaurer votre autonomie, de récupérer votre pouvoir, votre dignité, votre féminité ou votre masculinité si vous êtes un homme. Il vous faut racheter l’être humain que vous êtes ! Avoir des rapports sexuels avec quelqu’un d’autre est peut-être une façon de vous revaloriser. Vous essayez ainsi de vous débarrasser des miasmes que cette relation malsaine génère. Même si vous ne passez pas à l’acte, il vous arrive régulièrement d’y penser, car vous avez désormais compris que les conduites redondantes de votre narcissique sont extrêmement toxiques. Si vous n’arrivez pas à réaliser votre rêve d’infidélité, peut-être que vous commencez à avoir des conflits et vous menacez de le quitter. Vos explosions ou vos protestations légitimes, le prouvent que vous n’êtes pas la personne qui le convient. Le résultat est que les violences conscientes qu’il utilise pour vous éliminer de sa vie, sont ouvertement extériorisées.

Comment agissez-vous si vous êtes une « dépendante passive » ?

Dans le cas où votre dépendance affective soit très profonde, vous pensez souvent à la mort. Ou bien, vous souffrez de syndrome de Stockholm. Vous avez peur de la séparation, de l’abandon ou de rester seule car vous n’êtes qu’un enfant qui a fait déjà l’introjection de son abus. Vous intériorisez sa façon de vous vampiriser. Dans ce cas, l’autorité qu’il exerce sur vous est absolue et définitive. Il est impossible pour vous de dénouer ce lien par vos propres moyens. Tel un zombie, totalement dévouée à son régnant, dépersonnalisée, vidée de sa substance, affolée et désorientée, vous poursuivez la relation aveuglement.  Vous sympathisez avec votre ravisseur, au point de vous adapter complètement à son abus, à sa religion intérieure, à sa façon de vous faire porter sa rage, à sa façon de détourner les faits en sa faveur contre vous, à sa façon de jeter le blâme sur vous, etc. Si vous avez peur de ses menaces, ou si vous dépendez financièrement ou socialement de votre manipulateur, vous tenez à lui. Vous avez besoin d’aide professionnelle. Peut-être que vous devenez très émotive, mais vous souffrez en silence et vous pleurez énormément. Ou bien, il est possible que vous avez des déferlements émotionnels et des crises de colère. Tout cela laisse indifférent à votre narcissique.

Vos signes de détresse dans cette phase peuvent être les suivants :
  1. Vous vous éloignez de votre environnement, de votre famille et de vos amis, parce que vous avez une honte toxique que vous cachez.
  2. Vous permettez au manipulateur de confirmer la « certitude de base » que vous avez adoptée dans l’enfance et qui gouverne votre vie. Par exemple, si vous croyez : « Il n’y a pas d’amour pour moi», « Je suis seule au monde », « Je ne vaux rien », il fait en sorte que vous confirmiez cette croyance.
  3. Vous commencez à saboter votre carrière ou votre vie professionnelle sans vous en rendre compte. Vous mettez tout de côté, dans le but inconscient de plaire à votre narcissique et de répondre à son agenda. Vous vous dites que peut-être un jour il va accepter de changer ou de faire une thérapie.
  4. Vous entrez dans le déni de ce qui se passe et vous devenez de plus en plus incapable de vous affirmer, d’exprimer vos sentiments et vos émotions.
  5. Vous doutez de vous-même et vous n’avez pas aucune confiance en vous. Vous marchez sur des œufs car vous craignez ses réactions.
  6. Vous commencez à avoir des symptômes psychosomatiques : vous prenez ou perdez du poids, vous développez des migraines ou d’autres symptômes comme de l’insomnie ou des maladies chroniques.
  7. Vous déprimez ou vous vous anesthésiez. Vous devenez un zombie. Vous vous ignorez plus que jamais et vous vous négligez. Cette situation insupportable active vos blessures du passé et la peur terrible de manquer d’amour. Vous pensez souvint à la mort.
Voici 20 raisons que vous utilisez pour rester dans cette relation toxique :
  1. Vous et votre famille aimez votre abuseur;
  2. Vous aimez vos beaux-parents ou vos amis communs;
  3. Votre narcissique vous faite du chantage affectif;
  4. Vous voulez éviter l’échec, en pensant que vous ne trouverez pas quelqu’un de mieux;
  5. Votre partenaire fait des promesses et vous le croyez;
  6. Vous croyez que vous n’êtes ne pas digne d’être aimé;
  7. Vous êtes ensemble depuis longtemps et le sexe est génial avec lui;
  8. Vous détestez sortir déménager;
  9. Vous avez des enfants ou des animaux;
  10. Vous voulez maintenir la stabilité familial;
  11. Vous voulez partager le fardeau ou les tâches ménagères;
  12. Vous avez peur de l’avenir et de ne pas avoir des ressources (catastrophisme);
  13. Votre narcissique a de l’argent et vous donne une maison et paye les voyages;
  14. Vous avez de faux espoirs et pensez qu’il va changer (pensée magique);
  15. Vous avez peur de prendre des risques et de regretter la séparation;
  16. Vous êtes trop vieux ou trop vieille pour commencer autre vie;
  17. Vous vous sentez coupable, vous croyez que vous allez causer de la peine à vos enfants;
  18. Vous êtes terrifié(e) à l’idée d’être seul(e) pour le reste de votre vie;
  19. Vous avez peur de ce que les autres pourraient penser et dire;
  20. Vous êtes nostalgique du bon vieux temps;

Quatrième phase : la destruction du phantasme partagé

 

Dans cette phase, peut-être que vous commencez à remarquer que vous ne pouvez pas continuer à accepter les comportements nuisibles de votre narcissique. La « relation » se détériore car elle ne s’ouvre sur aucune réciprocité et ne génère aucun sentiment de complicité. Votre bonne volonté se fragilise et votre narcissique réagit de plus en plus par le désintérêt et par des attitudes de rejet, sinon par la violence. Finalement, vous admettez que cette interaction a été une source de peur croissante et de souffrance chronique.

Votre désir de vengeance et votre décision de le trahir

Si vous êtes une « dépendante active », émerge en vous un désir de vengeance, un désir de mortifier le narcissique. C’est peut-être la première fois que vous éprouvez ce désir. Sous l’impulsion de la colère, vous ressentez le besoin conscient ou inconscient de défier son arrogance et de le faire souffrir comme il vous fait souffrir. Cette colère est légitime. Vous ne pouvez plus accepter qu’il continue à vous rendre responsable de la rage passive ou active qu’il exprime contre vous ! Vous devenez agressive et vous le confrontez à sa perversion. Vous lui dites avec hargne qu’il est malade, qu’il est fou, qu’il est sadique, etc. Vous l’envoyez alors des messages « dénarcissisantes ».
L’humiliation la plus terrible que vous pouvez imposer à un narcissique est d’arrêter de l’admirer, de l’exposer à son insuffisance et de lui parler ouvertement de sa psychopathie. Si vous l’envoyez des messages dénarcissisantes, il se sentira dénigré. Vous pouvez fragiliser ses défenses beaucoup plus que vous ne l’imaginez ! Il peut se sentir déstabilisé pendant un bref instant, mais très vite ses mécanismes de défense vont se remettre en place. Il vous attaquera alors d’avantage ! Il va alors vous agresser s’il est un narcissique antagoniste et vous blessera de manière insidieuse s’il est un narcissique cérébral. En fait, il a réussi à faire de vous son clone, il vous a transformé en lui. C’est alors qu’il ressent qu’il est votre victime.
Vous ressentez l’urgence de le vexer, de le blesser, de lui faire sentir qu’il ne compte plus pour vous. Vous décidez alors de le trahir avec un ami commun et de lui faire savoir. Comme vous dépendez des autres pour exister, vous avez le sentiment que cette tierce personne pourrait être votre bouée de sauvetage dans cette situation où vous périssez. La trahison devient le symbole de votre indépendance. Mais cette action contre lui, reste quand même la preuve de votre dépendance dysfonctionnelle.

Soyez certaine de ceci : le narcissique vous a déjà quitté depuis la deuxième phase de la relation. Il vous a manipulée et vous a poussée à lui être infidèle. Inconsciemment, il a été en contrôle de vos réactions depuis qu’il a commencé son deuxième type d’abus. Par le blâme, il reste dans sa position de contrôle et de déni.

L’intensification de son abus

Le narcissique intensifie le deuxième type d’abus, car son « fantasme partagé » qui était d’une grande importance pour lui, s’achève. Il ne peut plus supporter vos émotions, vos protestations chargées de colère, vos pleurs, votre besoin de le confronter. Certainement, son désir de vengeance devient alors conscient, même si la projection de sa rage sur vous, contre le parent qui l’a blessé, ne l’est pas encore. Consciemment, il veut vous faire souffrir, il veut vous rendre folle au point de pouvoir se faire passer pour votre victime et jeter ainsi sur vous le blâme ! Il va augmenter alors le rythme de ses punitions !

Comme le disait Sigmund FREUD :  « Son « moi » vous hait, vous déteste, vous exècre, parce que vous êtes devenue la source de son déplaisir !»

Si vous êtes une dépendante passive vous vous détruisez

Vous tournez votre colère légitime contre vous-même. Vous tenez encore à votre narcissique parce que vous êtes masochiste ou parce que votre régression d’âge vous empêche d’accéder à vos ressources pour pouvoir partir. Dans ce cas, vous tombez dans une dépression grave et commencez à vous autodétruire. Si vous soufrez du syndrome de Stockholm, vous ne ressentez pas de la colère. Vous êtes tellement paralysée, que vous ne pouvez pas agir autrement, surtout si vous êtes isolée, ce qui arrive fréquemment aux victimes des narcissiques. Au lieu d’agir, vous vous accrochez encore à votre état de zombie. C’est-à-dire que vous êtes dans le déni de ce qui se passe et vous agissez comme une petite fille qui a besoin de son père ou de son régnant dominateur.

Vos signes de détresse dans cette phase peuvent être les suivants
  1. Vous entrez dans un état de dépression profonde. Vous souffrez de son absence psychoaffective qui vous déchire et vous pensez souvent à le quitter. Mais vous êtes incapable de le faire.
  2. Vous vous enfermez dans une bulle et peut-être vous mettez-vous à penser souvent à la mort, voire au suicide. Vous vivez dans un état de peur: peur de rester et peur de partir.
  3. En état de dépression, vous ressentez une peur terrible de perdre cet « homme » qui est devenu en fait un véritable vampire.
  4. Vos sentiments de honte toxique et de culpabilité, vous empêchent de parler aux autres de ce qui se passe réellement dans votre couple.
  5. Vous vous contraignez à l’isolement pour éviter votre propre honte, pour éviter les jugements que vous anticipez des autres.
  6. À cause de votre honte toxique, vous ne pensez pas vos ressources ou à d’autres solutions.
  7. Vous êtes incapable de réagir de façon adulte. Vous voyez que votre dépression laisse indifférent votre narcissique et cela vous déchire.
À moins de théâtraliser votre souffrance, vous déprimez vraiment

Vous êtes pleinement consciente des traitements abominables que vous subissez, même si vous ne comprenez pas ses motivations psychopathologiques. Cette douleur que vous ressentez remonte à votre petite enfance. C’est la blessure d’amour autour de laquelle s’est construit le « personnage » dépendant que vous croyez être.
Votre « faux self » continue à dramatiser le manque d’amour. Le « moi souffrant » languit d’amour et votre mémoire vous rejoue les scénarios où votre narcissique semblait vous aimer. Peut-être que vous ressassez les sensations d’abandon, de solitude, de trahison, d’humiliation, d’injustice et de manque d’amour de l’enfant du passé, et celles de l’adulte que vous êtes aujourd’hui.
Ou bien, si vous êtes anesthésiée psychologiquement, votre attention se focalise sur le « moi souffrant » et sur son enfer, qui repose sur le doute de vous-même, sur le vide intérieur et le manque d’amour que vous ressentez. Quand cet enfer devient votre seule réalité, vous pourriez vous suicider !

Le narcissique dramatise sa rage en se croyant votre victime

Quand votre narcissique dramatise sa rage active ou passive, vous souffrez tellement, que vous êtes obligée de remarquer qu’il ne vous témoigne aucune empathie. Pire encore ! Il a des attitudes dédaigneuses et sarcastiques à votre égard. Il parle de vous à sa famille de façon méprisante. Il ne vous respecte pas, il ne vous console pas, il ne vous embrasse pas, il vous empêche de communiquer, il vous dit que votre souffrance lui laisse indifférent, que vos larmes tombent sur lui comme la pluie sur les plumes d’un canard. Il vous fait porter sa rage, pendant qu’il reste maître de la situation. Il ne vous donne aucune attention, aucun signe d’humanité ! En essayant de rapporter un triomphe symbolique sur vous, il peut devenir très violent et se sentir extatique de vous voir souffrir. Il fait en sorte que vous devenez folle et que vous vous détruisez. C’est ainsi qu’il s’accroche à son sentiment d’importance, de supériorité, à la bonne santé mentale qu’il croit avoir. Si ce type d’interaction continue, votre vie pourrait ressembler à celle dramatisée par Jean Gabin et Simon Signoret dans le film « Le chat » sorti en 1971, réalisé par Pierre Granier-Deferre. Finalement, il vous condamne, vous dénigre et vous élimine de son cercle familial et social en vous diffamant. Si vous avez des enfants, vous allez découvrir que sous l’influence de leur père narcissique, ils vous méprisent. Pendant que vous périssez, votre narcissique se sent vainqueur, il est radiant et plein d’énergie !

Le professeur Sam VAKNIN déclare : « Votre souffrance est sa « guérison » et votre crucifixion est sa « résurrection ». »

La prise de conscience de votre « personnage » hypnotique

Il est fondamental de vous rendre compte que vous n’êtes pas seulement victime d’un pervers narcissique, mais également de votre « moi souffrant » qui est aussi impitoyable que lui. Par votre besoin de fusion, vous êtes allé très loin dans son jeu, Vous êtes hypnotisée par votre propre faux self ou « personnage » adopté dans l’enfance. Peut-être pleurez-vous beaucoup, tous les jours pendant des semaines, voire pendant des mois !

Cinquième phase : fin de l’histoire

 

Ce type de relation se termine quand le narcissique vous expulse de sa vie parce que vous ne le satisfaites plus. Aussitôt qu’il considère que vous n’êtes plus la source de son approvisionnement, il vous élimine de sa vie. Pendant la séparation, sachez qu’il vous efface comme vous supprimez d’un clic vos documents dans l’ordinateur. Si c’est vous qui partez, il ne se sent pas concerné, mais il vous accuse de l’avoir quitté, alors qu’il vous a poussée à le faire. Vous êtes confrontée à ce mur de déni, d’insensibilité et d’arrogance. Il ne fait le deuil de personne. Il vous a déjà oubliée, pendant que vous faites un deuil prolongé, car vous partez avec son « identité d’absence » dans votre esprit. Pour aggraver les choses, en raison de ses insuffisances, il ne supporte pas d’être redevable à qui que ce soit. Il fabrique la certitude de ne rien vous devoir. Si vous ne défendez pas vos droits, il va profiter de vous. Vous devez consulter un avocat pour éviter qu’il ne vous laisse à la rue ! À ce sujet, vous pouvez lire ici l’article intitulé : Les effets traumatiques de l’abus narcissique.

Votre stress post-traumatique

À ce moment, votre état de choc n’est pas à minimiser. Il est factuel, il est organique. Vous sentez votre corps comme s’il était en contact avec un câble électrique et vous n’arrivez pas à dormir. Vous souffrez peut-être du Trouble de Stress Post-traumatique TSPT, vous êtes déprimée et vous avez besoin d’aide. Cherchez de l’aide! Parlez avec une amie ou avec un ami et consultez un médecin et commencez une thérapie avec un professionnel. Avec beaucoup de bienveillance, allez à la rencontre de la douleur d’avoir été instrumentalisée et rejetée, utilisée et abandonnée, trompée et trahie, maltraitée et humiliée, dominée et traitée injustement.

Comme vous êtes en état de régression d’âge, tous vos traumatismes d’enfance et vos interprétations infantiles de la réalité, sont réactivés. Dans cet état, vous pourriez faire votre deuil pendant très longtemps, car vous pensez par exemple que :

  • vous ne vous en remettrez jamais, parce que tous vos rêves sont détruits à jamais.
  • Que le monde qui était « fondamentalement beau » pour vous, et votre innocence, sont à jamais perdus.
  • Que les lieux que vous chérissiez ou sacralisiez seront à jamais attachés à l’image du manipulateur qui vous a fait du mal.
  • Que la meilleure chose à faire est de vous enfermer pour toujours et de ne pas vivre. Etc.
L’effondrement de votre « personnage »

Ce que vous vivez est un effondrement réellement salutaire. C’est l’opportunité qui vous présente la vie pour vous réveiller définitivement de votre structure psychologique infantile et de votre dépendance affective dysfonctionnelle. Grâce à cette expérience pénible; vous pourriez enfin évoluer vers votre autonomie psychoaffective et émotionnelle. Pour le moment, consacrez-vous donc à vous-même. Il est essentiel de vous témoigner d’empathie. Vous pouvez lire ici l’article intitulé : Le pouvoir transformateur de notre empathie.

 

Le grand poète persan Rûmî, (1207-1273), disait :
« Votre tâche n’est pas de chercher l’amour,
mais de découvrir et de démanteler toutes les barrières
que vous avez construites contre l’amour. »