Les narcissiques confondent imagination et réalité, car leur attention est focalisée, inconsciemment, sur les interprétations erronées de leur enfance. Dans leur monde psychique, ils préservent un « paracosme ». Il s’agit d’un monde imaginaire régi par ses propres normes, composé par de symboles, d’amis imaginaires, leur dieu
et d’archétypes féminins issus de leur histoire.

 

Les enfants qui deviennent narcissiques, se réfugient dans cette réalité subjective pour échapper aux expériences traumatiques, à l’abus ou à l’instrumentalisation dont ils sont l’objet. Ils utilisent leur « paracosme » comme un pont vers la réalité. Dans leur vie adulte, ils continuent à entretenir inconsciemment ce paracosme, en confondant leurs « objets mentaux » avec les objets présents dans la réalité extérieure.

Leurs contenus cognitifs, issus de leur enfance, sont :

  1. Leur « objet primaire ». Il s’agit de la mère clivée. La « bonne mère » est l’archétype de la Sainte Mère. La « mauvaise », est la mère toute-puissante et effrayante qui peut les détruire. Les narcissiques font le transfert de l’image de leur mère clivée ou de leur père clivé, sur leur partenaire.
  2. Leur « fantasme partagé » : c’est un fantasme inconscient de vengeance, qu’ils projettent sur leur partenaire et sur leurs enfants.
  3. Leurs « objets internes » : c’est leur monde de symboles et de croyances hypnotiques, qui ils partagent inconsciemment avec les autres. Entre autres, il s’y trouve le symbole du Dieu le Père et celui de la sainte Famille.
Qu’est-ce que le trouble de la personnalité narcissique ?

Le professeur Sam Vaknin développe ce sujet : « Le narcissisme n’est pas seulement un trouble de la personnalité. C’est une perturbation profonde dans le processus de formation de l’identité. C’est l’interruption d’un processus primordial d’évolution vers l’autonomie, dont le noyau est divin autant qu’animal. Dans le cheminement vers son évolution, l’enfant réagit à cette interruption, générée par un traumatisme émotionnel sévère, en créant une religion personnelle. Une fois adulte, il partage avec vous cette religion et il vous attribue un rôle. Il construit une véritable Trinité, dans laquelle Dieu le Père est son « faux self », vous êtes l’archétype de la Sainte Mère et il est votre enfant. Peut-être peut-il assurer un rôle paternel d’approvisionnement matériel et de protection. Vous, en tant que mère, devez certainement assurer l’amour inconditionnel, le support et l’acceptation totale pour l’aider à surmonter ses crises et ses défis personnels. »

Note importante : il existe de nombreux types de narcissiques. Selon leur degré de narcissisme et leur typologie, beaucoup d’entre eux ne présentent que certaines distorsions cognitives mentionnées dans cet article. Ce qui est certain, c’est qu’ils se sont dissociés de leur vrai Self, de leur être authentique. Ils ont adopté donc, un faux self purement psychique. Ils se prennent pour leur mental, pour ce faux self.

Qu’est-ce que le mental ?
Le mental est un observateur qui regarde des images binaires.

Afin de mieux comprendre le sujet qui nous occupe, il est important de savoir que notre mental est composé d’un mécanisme d’observation, qui reproduit et observe des images, des croyances et des concepts binaires, provenant du passé, qui sont projetés dans le futur, en temps présent. Notre mental est comme un moustique envahissant. Lorsque nous croyons à la « réalité » de nos pensées envahissantes, nous souffrons de stress et d’anxiété chroniques. Au niveau corporel, de nombreuses contractions musculaires et des dysfonctionnements énergétiques se produisent. Au niveau émotionnel, nous ressentons la peur, la honte toxique ou la culpabilité, et sur le plan de notre identité, des nombreux besoins compulsifs s’installent et un type d’activité dysfonctionnelle se met en place. Par exemple, si une personne croit qu’elle « ne vaut rien », elle va tout faire pour être reconnue à sa juste valeur. Elle utilisera des stratégies de séduction, elle se rendra indispensable, elle manipulera les autres par sa générosité fictive. De plus, elle pensera qu’elle est très indépendante et qu’elle n’a besoin de personne. Son faux self ou « personnage » psychique, devient ainsi sa seule réalité. En conséquence, elle continuera à donner son pouvoir aux autres, elle dépendra d’eux pour être reconnue et elle n’évoluera pas vers son autonomie psychoaffective. Dès qu’elle se lèvera le matin, son mécanisme d’observation sera fixé sur l’image de « ne rien valoir » et de devoir faire quelque chose pour valoir aux yeux des autres. C’est ainsi qu’elle instrumentalise les autres pour obtenir ce dont elle pense manquer.

Qu’est-ce que l’instrumentalisation psychologique ?

L’instrumentalisation psychologique est le fait de transformer un enfant ou un adulte, dans un objet pour le bénéfice de notre faux self. La personne instrumentalisée est dépersonnalisée ou chosifiée. Sa perception, sa réflexion et son individualité sont niées. L’adulte qui fait de quelqu’un son objet, ne respecte pas les frontières psychoaffectives de la personne instrumentalisée. Par exemple, nombreux sont les parents qui, pour remplir leur vide psychoaffectif, instrumentalisent leur enfant en créant une relation fusionnelle avec lui. Ou bien, ils utilisent leur enfant pour projeter sur lui leurs rêves inachevés ou leurs frustrations. Les narcissiques créent une relation symbiotique avec leur partenaire pour réaliser leur « fantasme partagé » vindicatif.

Qu’est-ce que l’abus narcissique ?

La notion d’abus narcissique désigne l’ensemble des comportements redondants, coercitifs, pernicieux, nuisibles et envahissants que les narcissiques imposent à leurs victimes. Ce type d’abus se distingue des autres formes d’abus, par la variété des jeux de pouvoir déployés. Ce sont des stratégies de contrôle, de manipulation et de domination qu’ils utilisent subrepticement ou ostensiblement dans divers domaines de la vie. L’abus narcissique peut générer un Trouble de Stress Post-traumatique (TSPT). Vous pouvez lire ici l’article intitulé : Les effets traumatiques de l’abus narcissique.

La conscience de notre dynamique interne

Notre capacité à devenir conscients de notre dynamique interne, est essentielle. Cette conscience nous permet de comprendre les processus psychiques qui s’opèrent dans notre esprit et qui se réactivent de façon automatique. En fonction de nos observations, nous utilisons le langage pour expliquer aux autres notre dynamique interne. Les narcissiques n’ont pas développé la conscience de leur dynamique interne ni la capacité de l’expliquer. Cela produit chez eux des distorsions cognitives qui les conduisent à manipuler et à maltraiter les autres.

Nos distorsions cognitives

Nos distorsions cognitives sont des interprétations erronées de la réalité, qui génèrent des cognitions, des pensées et des conclusions erronées. De toute évidence, lorsque les distorsions cognitives de notre enfance restent fixées dans notre psychisme, nous entretenons des pensées et des conclusions erronées sur nous-mêmes et sur les autres. Et lorsque nous ne sommes pas conscients de notre dynamique interne, nous reproduisons des pensées et des conclusions erronées sur nous-mêmes ou sur les autres, qui confirment nos distorsions cognitives. Il s’agit d’un cercle vicieux entretenu par tout le monde.

Quelles sont les distorsions cognitives des narcissiques ?

Chez les personnes atteintes de narcissisme, ce cercle vicieux est particulièrement hypnotique et omniprésent. Leur mental est comme un casque à réalité virtuelle, qui les fait croire à la « réalité » des images observées, ainsi qu’à la « réalité » de leur « observateur » qui observe ces images.

C’est ainsi qu’ils se prennent pour « l’observateur » des images et pour leurs contenus mentaux hypnotiques, qui se reproduisent automatiquement dans leur esprit. Ils se prennent également pour leurs conclusions erronées, issues de leurs contenus mentaux hypnotiques.

Comme ils ont des difficultés à discerner et à conceptualiser avec précision ce qui se passe en eux, ils collent des étiquettes erronées sur les autres. Ce qui génère des comportements redondants et nuisibles. L’interprétation erronée qu’ils font de soi et des autres, est une distorsion cognitive. Le fait de croire que leurs images mentales sont vraies, est une distorsion cognitive. Le fait de confondre « amour » ou « intimité » avec « dépendance », est une distorsion cognitive. Le fait de se croire supérieurs ou d’entretenir une idée grandiose de leur importance, est une distorsion cognitive. Les interprétations qu’ils font des réactions de leur partenaire lorsqu’ils la négligent, la manipulent, la contrôlent et lui font porter leur rage, sont des distorsions cognitives. Le fait de transposer leurs « objets internes » sur la réalité externe, est une distorsion cognitive.

Les narcissiques sont incapables d’intimité

Cette déclaration est rédigée dans la cinquième et dernière édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM5). Elle est basée sur des observations de leurs comportements, des statistiques, ainsi que des témoignages de personnes qui vivent avec eux et qui expérimentent les effets traumatiques de leurs abus. Leur incapacité à l’intimité découle de leur système défensif.

Les mécanismes défensifs des narcissiques

Dans leur enfance, les narcissiques se sont protégés de l’instrumentalisation ou de l’abus dont ils ont été l’objet, en se dissociant de l’affect et en refoulant leurs émotions. À l’âge adulte, ils continuent à refouler leurs émotions et ils s’enferment dans leur rêve hypnotique infantile. Leurs mécanismes défensifs les plus fréquents sont :

  1. Le refoulement émotionnel.
  2. Le déni de leur psychopathie.
  3. Les distorsions cognitives et leur pensée magique issues de leur enfance.
  4. La méconnaissance de leur dynamique interne.
  5. Le clivage de leur partenaire en « bon » et « mauvais ».
  6. La projection sur les autres de leurs insuffisances et de leur rage.
  7. Le blâme qu’ils font peser sur l’autre, en détournant les faits en leur faveur.

Leur refoulement émotionnel

Pour éviter de ressentir la douleur de leur blessure archaïque, les narcissiques refoulent leurs émotions. Ils refoulent également leurs sentiments de vulnérabilité, d’amour et tout autre sentiment essentiel. Leur détournement cognitif, les amène à exercer leur pouvoir et leur contrôle sur leur partenaire de travail ou sur leur couple, sans aucun remords. C’est pourquoi les narcissiques sont considérés comme des pervers. Le mot perversion vient du verbe « pervertir » qui signifie « détourner » Pervertir est l’action de détourner quelque chose de sa vraie nature. Dans le cas des narcissiques, ils détournent l’intimité en occasion de détruire l’autre, de gagner en puissance et de devenir les Maîtres de leur propre jeu. Ils détournent également les faits, en faisant des interprétations incorrectes qu’ils prennent pour la réalité.

L’anxiété et la détresse chronique de narcissiques

L’anxiété et la détresse chronique sont la conséquence du refoulement émotionnel. Quand vous rencontrez un narcissique, vous ressentez instinctivement que cette personne est un être en détresse, même s’il se le cache à lui-même. Si vous entrez en relation avec lui, il est naturel qu’au début de la relation, votre sens maternel se réactive face à lui, surtout si sa détresse vous rappelle la vôtre. Comme il a besoin de vous, son « enfant intérieur » craint votre évaluation, votre rejet ou l’abandon. Il a peur de ne pas être à la hauteur ou de ne pas avoir de valeur à vos yeux. Il ne peut donc pas établir une véritable relation d’égalité avec vous car, secrètement, il se sent inférieur. Pour compenser son complexe d’infériorité, il adopte une posture supérieure. Il vous montre ses atouts physiques, intellectuels, ses compétences ou ses capacités, pour vous impressionner, vous étonner et vous séduire.

La détresse des narcissiques est produite par un conflit interne déchirant
  • D’une part, ils ont une soif intense d’amour. Mais en même temps, ils sont pris par la terreur infantile de l’engloutissement, de l’inexistence, ou par la peur de revivre un abus s’ils s’ouvrent à une relation intime.
  • D’autre part, ils anticipent l’abandon, le rejet, la solitude, ce qui les renvoie également à leur insécurité et à leur peur du vide abyssal.
  • Puis, leur orgueil est mis à l’épreuve face à une personne aimante et empathique. Ils plongent dans leur peur d’insuffisance.

Sam Vaknin explique : « Le jour où il se sent aimé par quelqu’un de sécurisant, de chaleureux, d’empathique, le narcissique est renvoyé à son conflit interne qu’il déteste. Il blâme alors celui ou celle qui lui montre son amour et il met en place des mécanismes défensifs de distance, d’absence, d’indifférence Il néglige et déprécie cette personne aimante. Il la maltraite ou essaye de la détruire psychologiquement pour éviter d’être confronté à sa propre incapacité d’aimer. Cela lui procure ce qui, en termes psychologiques, s’appelle « égosyntonie ». Il s’agit d’un soulagement et un apaisement de son ego. »

Posons-nous la question : « Qu’est-ce qu’aimer ? »

Aimer est la création d’une véritable connexion et complicité avec l’être aimé. C’est la joie, la sérénité et la vulnérabilité qui nous pousse à renoncer à nos barrières égotiques et à témoigner notre empathie à l’autre. Aimer est aussi l’amour et le respect que nous ressentons pour nos proches. Ces sentiments délicats, qui émergent de notre nature essentielle, nous permettent de nous abandonner à l’amour et d’offrir à l’autre notre promesse de lui apporter de l’ARA : Amour, Respect et Attention. Une personne vraiment adulte respecte ses besoins fondamentaux et ses frontières psychoaffectives, autant que ceux de l’être aimé.

Qu’est-ce que l’amour pour les personnes narcissiques ?

Étant donné que leur attention est dirigée vers leur faux self, adopté dans la deuxième étape de leur développement infantile entre 8 mois et 4 ans, qui est l’étape narcissique infantile, les narcissiques n’aiment que soi. Ils sont incapables d’intimité car, en réalité, ils ne s’aiment pas.

Il y a une différence majeure entre aimer notre Vrai Self
et aimer un « faux self » que nous prenons pour réel.

Comme le personnage Narcisse de la mythologie crèque, les narcissiques adorent leur image. Il cherchent leur  image dans les yeux de ceux qui les admirent. Dans la relation de couple, ils confondent « intimité et amour » avec « dépendance ». Quand il sont en couple, ils nient et abolissent les limites psychoaffectives de leur partenaire en créant l’illusion de l’intimité. Ils l’utilisent pour satisfaire leurs 4 besoins compulsifs : leur désir sexuel sadique, leur besoin compulsif d’être servis, leur besoin compulsif de ravitaillement narcissique, ainsi que leur besoin compulsif de faire de l’autre la cible de leur « fantasme partagé » vindicatif. C’est ainsi qu’ils exploitent leur partenaire et qu’ils la détruisant de multiples manières.

Leur intériorisation de la représentation de l’autre

Si votre partenaire est narcissique, il commence à vous utiliser pour réaliser son « fantasme partagé » vindicatif, en se faisant une idée positive ou négative de vous. Ensuite il « intériorise » l’image ou la représentation qu’il s’est fait de vous, sans se rendre compte que vous êtes une entité autonome, distincte de son « objet primaire », qui est la mère de laquelle il va se venger en vous utilisant. Puis, il interagit avec l’image que vous représentez. Ce n’est  qu’une abstraction ou un symbole. Mais il n’interagit jamais avec vous. Il absorbe et assimile votre voix et enregistre votre façon de parler. Puis, il se l’approprie pour en faire sa propre voix. C’est ainsi qu’au départ, il maintient une relation symbiotique avec vous.

Sam Vaknin précise :« Il est crucial de comprendre que le narcissique interagit exclusivement avec l’avatar, avec l’icône que vous représentez dans son processus mental. Toutes ses conversations, ses arguments, ses désagréments, ses rêves, son besoin de dépendance et ses émotions, se passent entre lui et sa représentation de vous. »

Leur pensée magique

L’intériorisation ne pourrait pas avoir lieu sans la « pensée magique », qui repose sur la confusion infantile entre « l’objet interne » et l’objet externe. Cette confusion est naturelle chez les bébés dans la phase égocentrique de leur développement. Mais avec le temps, l’enfant voit la différence entre soi et sa mère. Par contre, chez les narcissiques la pensée magique perdure jusque dans la vie adulte. Sans la pensée magique, le « fantasme partagé » vindicatif n’aura pas lieu.

La pensée magique produit chez les narcissiques des discours philosophiques
complètement délirants fondées sur leur distorsion cognitive.

Par exemple, si l’un d’eux étudie une philosophie orientale, il peut croire qu’il est le tout. Cette « vision » peut effectivement s’appliquer à la conscience d’Être. Mais elle s’avère complètement absurde lorsqu’il confond l’Être avec son moi mégalomaniaque. Leur distorsion cognitive les amène à confondre les strates de la conscience. Par exemple : ils confondent leur mentale avec la réalité externe, ou avec leurs émotions. Si un narcissique se sent omniscient, quand il vous blesse et que vous le rappelez le lendemain ce qu’il vous a fait, il peut vous répondre : « Nous sommes ici et maintenant. Hier est déjà passé ». En utilisant la phrase bien connue d’Eckhart Tolle, il se déresponsabilise de ce qu’il a fait, tout en invalidant vos émotions. Si vous lui racontez votre histoire de vie, il va vous dire : « C’est une histoire que n’est pas ton histoire ». Par la prétendue profondeur de sa réponse, il confirme son sentiment d’importance et invalide vos émotions.

Qu’est-ce que le fantasme partagé ?

Il s’agit d’un fantasme inconscient de vengeance autour duquel s’organisent tous les mécanismes défensifs d’une personne narcissique. Si votre partenaire est narcissique, au départ, vous devenez pour lui le bon « objet interne ». Alors il est merveilleux avec vous. Il vous promène dans son « Pays Imaginaire », il vous bombarde d’amour et d’attentions. Vous devenez sa Madone, sa Vierge ou son héros. En fait, s’il vous bombarde d’amour pour que vous l’idéalisiez. Sa pensée magique, qui est la transposition de ses « objets internes » sur vous, s’exacerbe. En faisant le transfert de sa mère idéalisée sur vous, votre narcissique attend que vous le réconfortiez et que vous soyez sa base de sécurité. Il vous hypnotise pour que vous le materniez de plus en plus. Voire l’article : Les 5 phases de la relation. Mais comme il a un besoin inconscient de « réparer » sa blessure narcissique, il a une orientation malsaine. Progressivement, il manifestera son côté sombre, son côté destructeur. C’est alors qu’il vous fait passer un « test délirant » et commence à vous maltraiter physiquement ou psychologiquement . En fait, il vous rejeter. De toute façon vous allez être rejeté(e), parce que votre narcissique est une IDENTITÉ D’ABSENCE, Il est absent psycho affectivement, ainsi que sur un plan essentiel.

Ne ratez pas le test délirant de votre narcissique !

Si vous échouez son test, vous devenez définitivement la « mauvaise mère » toute-puissante qui lui faisait peur quand il était bébé. Comme il ne peut pas gérer son sentiment d’impuissance, il vous punit pour vous prouver qu’il est plus puissant que vous. Si vous êtes son partenaire de travail ou si vous avez fait de lui votre associé, il fait de vous son père et surtout son concurrent. À la maison, il fait de vous sa mère dépréciée. Ces rôles alternent selon ses états d’âme.

Sam Vaknin explique : « Il a des mémoires négatives extrêmement pénibles avec « vous » qui devenez le parent qui l’a instrumentalisé ! Il vous charge des interactions inachevées, non discutées, non communiquées, non libérées de son système. Ce faisant, il réactive le traumatisme du passé. »

Leur mépris de l’amour

Votre narcissique vous donne l’impression qu’il a des sentiments positifs et qu’il ressent de l’amour. Mais son amour est associé à des émotions négatives liées à l’abus qu’il croit avoir subi ou qu’il a effectivement subi. Il considère votre besoin d’amour, d’échange et d’intimité comme une faiblesse. Inconsciemment, il fait de vous l’objet qui va l’aider à « réparer » sa blessure narcissique. Il vous utilise donc, pour se séparer enfin du parent qui l’a blessé, afin de retrouver son pouvoir individuel. C’est pourquoi il se sent de mieux en mieux quand il abuse de vous, vous néglige, vous rejette ou vous rend fou, ou folle, tout en vous blâmant et en se considérant comme votre victime. Vous périssez tandis qu’il se sent de plus en plus content et revitalisé. Comme il est très occupé avec son « fantasme partagé » vindicatif, il ne peut pas vous écouter. De plus, il n’a pas d’empathie.

Leur manque d’empathie

L’empathie affective est la capacité de comprendre les sentiments, les émotions, les besoins légitimes et les points de vue d’autrui. C’est la motivation qui vous amène à écouter l’autre avec attention et souplesse mentale, ainsi qu’à se soucier de lui, tout en respectant vos émotions et vos limites. L’empathie est la clé de la relation.
Si vous êtes la partenaire d’un narcissique, sachez que quand vous ressentez le besoin d’un échange bienveillant, il vous donnera une réponse « cognitive », car il ne peut pas vous témoigner d’empathie affective. Puisque vous n’êtes pour lui qu’un objet de son mental ou un « reflet » de son discours autoréférentiel, il ne peut pas comprendre votre besoin d’échange. Dans des circonstances éprouvantes, il est incapable d’engager un vrai dialogue avec vous, car il ne peut pas comprendre que vous ayez vos propres besoins, vos émotions, vos valeurs et vos espoirs. S’il ne peut pas intégrer ses propres émotions, comment pourrait-il comprendre les vôtres ? La communication intime avec lui est donc impossible.

Attention ! Ne pensez pas que vous pourriez changer votre narcissique
ou l’aider à évoluer par votre empathie !

Sam Vaknin affirme avec humour noir : « Comment changer un arrogant égoïste qui se sent omniscient et qui se prend pour le Bon Dieu ? Il se croit la cause première de tout ce qui existe ! Il n’a besoin de personne ! Le narcissique ne cherche pas votre aide, ni ne demande le point de vue de personne. Il ne cherche pas non plus votre soutien. Pour lui, votre assistance est insultante. Elle provoque sa colère et déclenche tous ses mécanismes défensifs ! »

Les narcissiques métamorphosent leur partenaire par le clivage

Nombreux sont les narcissiques qui, par leurs distorsions cognitives, perçoivent les êtres qui les entourent comme s’ils étaient des symboles, des dessins animés, des automates ou des représentations mentales leur appartenant. Ne vivant que dans leur monde psychique, ils transforment les autres en « bons » ou en « mauvais», en « intéressants » ou en « non intéressants », selon leur capacité à leur donner leur ravitaillement narcissique. Ce clivage provient de la confusion qu’ils ont entre leurs « objets internes » et les objets externes, c’est-à-dire les êtres humains présents dans la dimension externe. La relation que les narcissiques entretiennent avec leur partenaire, qui est basée sur leur « paracosme » et sur leurs distorsions cognitives, est comme une production cinématographique qu’ils superposent à la relation réelle.

Leur besoin de maintenir le contrôle par un cercle de punitions

Leur contrôle se manifeste progressivement et s’intensifie au fur et à mesure que progresse leur programme de vengeance. Même si votre narcissique dépend de vous pour son ravitaillement narcissique ou pour sa survie, il se montre de plus en plus indifférent, méprisant et cruel pour se sentir maître de la situation. Il vous tourmente psychologiquement par son absence émotionnelle. Mais il peut tout aussi vous agresser physiquement. Plus il est perdu dans ses propres distorsions cognitives, plus il développe ses punitions. Il n’y a pas d’échappatoire ! Vous serez toujours la cible de sa vengeance contre sa mauvaise mère, ou contre son mauvais père.

Leur cercle de punitions

Votre narcissique vous punit en créant un cercle vicieux qui comporte une période de tension, une autre de violence ouverte ou passive, suivie d’une période d’apaisement, où un geste d’affection se manifeste. Puis, le cycle recommence : tension et violence, apaisement et geste affectueux, etc.  Concrètement, la tension est produite par son absence affective ou par la bouderie. Sa violence passive ou son agression ouverte. se manifeste par ses remarques blessantes par lesquelles il vous dévalorise et vous dénigre. la période d’apaisement, est sa façon de vous dire qu’il vous aime en vous appelant « ma douce », « ma chérie » ou mon « chouchou ». Le geste affectueux est donné sans qu’il soit vraiment présent. Il poursuit ainsi son activité de détestation et de délire. Pour savoir comment un narcissique vous puni selon sa typologie, lisez ici l’article intitulé : Les 5 phases de la relation.


Le détournement des faits en sa faveur

Vos réactions, vos protestations et votre souffrance, lui servent à devenir votre victime ! Poussé par son fantasme vindicatif, le narcissique vous attribue la cause des conflits, alors même qu’il est agressif et cruel comme un narcissique antagoniste, ou inaccessible, indifférent et émotionnellement absent et cruel comme un narcissique cérébral. Il détourne vos réactions en sa faveur, faisant de vous le méchant du film, tout en se donnant un air de bienveillance et en adoptant le rôle de victime. C’est ainsi qu’il trouve des bonnes raisons pour vous quitter ou pour vous forcer à partir, tout en déposant sur vous le blâme.

Voici l’extrait d’une lettre qu’un narcissique cérébral a envoyé à sa femme : « Un mot que je dis, un silence, une attitude, une opinion que j’émets qui semble ne pas correspondre à ce que tu aurais voulu que je dis, que je pense, que je fasse ou que je ne fasse pas, ou que je disse d’une autre manière… Tout me désigne comme le pire des hommes. Je ne sais pas comment gérer ma frustration. J’ai des réflexes de protection, j’évite certaines initiatives ou expressions spontanées, je fais profil bas et me suradapte sans savoir à quoi… »

Toute sa lettre est écrite de cette manière. À aucun moment il n’examine la façon dont il traite sa femme. Par ce détournement de faits, où il prend la position de victime, il invalide les émotions de sa femme et son agonie de  d’être constamment niée. Comme sa souffrance le dérange, il se dissocie encore plus d’elle. Il ne reconnaît pas qu’il exploite sa femme et qu’il la traite avec une indifférence glaciale. Mais il jette sur elle le blâme.


Leur blâme et leur déni

Les narcissiques se défendent de leur fragilité psychique ou d’une psychose latente par le déni. C’est un mécanisme de protection qui les empêche de voir ce qui se passe en eux. Leur déni n’est pas un acte intentionnel, c’est un blocage généré par l’occultation de leur blessure archaïque. Le déni, le détournement des circonstances et le blâme, sont trois mécanismes défensifs qui participent à leur perversion.

À ce sujet, le psychanalyste français Jean-Charles Bouchoux explique : « Le narcissique utilise le déni pour nier ses responsabilités ainsi que la réalité de ses actes. Comme le déni ne suffit pas pour faire face au « surmoi », il projette sur l’autre ce que serait sa culpabilité, en le culpabilisant. »


Le couple narcissique/borderline

Il est très fréquent qu’un narcissique et une personne atteinte de trouble de la personnalité « borderline », forment une relation symbiotique. Cette dernière, souffre d’une privation psychoaffective énorme, ainsi que de l’anxiété d’être abandonnée.
Dans cette interaction, le narcissique fait de le personne borderline, une « extension de son identité », tandis que le borderline croit que le narcissique est son « âme sœur ». Tous deux tombent amoureux d’eux-mêmes à travers l’autre. C’est pourquoi ils entretiennent une idéalisation mutuelle. S’aimant à travers l’autre, ils confondent leur « engouement » avec « l’amour ». Leur infatuation produit des distorsions cognitives massives. Notamment, ils confondent le processus de la découverte de l’autre, avec l’amour et l’intimité. Ce qui n’est évidemment pas le cas. Dès qu’ils ressentent une poussée de dopamine, ils se précipitent, ils veulent tout de suite vivre ensemble et se marier ! Leur amour devient ainsi pathologique. Certains couples narcissiques/borderline aiment s’exhiber en public. Ils confondent leur « exhibitionnisme » avec « l’amour ». Si vous vous déshabillez devant un partenaire de longue date, il ne vous regardera pas de la même manière qu’au début de la relation. C’est pourquoi ce type de couple trouve très excitant de se déshabiller devant les autres. Ou bien, ils confondent leur « auto-exposition émotionnelle » en publique, avec « l’intimité ». Bien sûr, cette exposition est le contraire de l’intimité.

Leur troisième entité

La personne borderline peut confondre la « défiance » avec l’amour. Pour éviter d’être abandonnée, elle peut s’exposer aux dangers qui lui font croire qu’elle aime et qu’elle est aimée. Par exemple, le couple narcissique/borderline peut cultiver un « rituel » sadomasochiste, dans lequel le tourment et la torture, l’abus et la cruauté sexuelle, deviennent la norme. Ce rituel devient la troisième entité, sans laquelle, ils n’ont pas de vie sexuelle. En général, le narcissique joue le rôle de l’agresseur alors que le « borderline » joue le rôle du subordonné. Ce qu’ils cherchent par la sexualité sadomasochiste n’est pas le plaisir pour le plaisir, mais la diminution de leur angoisse. Cela les rassure parce qu’ils confondent « douleur » et « amour ». Le rituel sadomasochiste leur procure un sentiment d’intimité. Dans leur enfance, ils étaient victimes d’un abus flagrant et ils en ont conclu : « il n’y a pas d’amour sans douleur ». Pendant le rituel sadomasochiste, cette conclusion s’avère une vérité rassurante. La liaison traumatique est une tentative de « guérir » cette blessure archaïque. Ils confondent « l’excitation sexuelle », que ces pratiques leur procurent, avec « l’intimité ». Autres confusions courantes sont la compétitivité, la jalousie, la possessivité, le besoin de fusion, qu’ils interprètent comme de l’intimité et de l’amour. C’est pourquoi leur dépendance devient destructive. Ils ont besoin des émotions intenses pour se sentir vivants, car ils sont dissociés de leur vrai Soi, des autres et du monde.

La vraie intimité

Sam Vaknin dit avec humour : « La dépendance est l’exact opposé de l’intimité, car la dépendance implique l’éradication et la disparition de l’objet d’amour. On ne peut pas aimer quelqu’un en le digérant. L’amour n’est pas une expérience culinaire ! »
La vraie intimité est fondée sur la séparation et l’individualité de chacun. Pour s’aimer, chacun a besoin de respecter ses propres frontières psychoaffectives, tout en regardant son partenaire tel qu’il est.

Conclusion

Les narcissiques ont besoin d’un processus d’introspection approfondi pour se libérer de leur trouble de stress post-traumatique. Ils ont besoin d’exprimer leurs émotions refoulées et d’entrer en contact avec ce qu’ils ressentent. Ils doivent comprendre comment ils utilisent leurs distorsions cognitives. Pour sortir de leur esprit et entrer en contact avec leurs sentiments, ainsi qu’avec la réalité extérieure, il est essentiel qu’ils activent leur énergie vitale, et qu’ils développent de l’empathie pour leur « enfant intérieur ». Grâce au processus d’introspection, ils pourront restaurer enfin leur estime de soi, leur dignité et leur intégrité, ainsi qu’évoluer vers leur autonomie psychoaffective et émotionnelle. De cette manière, ils pourront offrir leur contribution à ce monde.