La famille toxique est une famille dans laquelle l’un de ses membres exerce une forme de contrôle et de pouvoir en se comportant de manière humiliante et abusive. Lorsque cette personne vous manipule, votre régulation émotionnelle est perturbée, votre capacité de percevoir la réalité est déstabilisée et la perception de vous-même est déformée. 

Lorsque vous introjectez son abus, vous intériorisez ses comportements et réagissez comme si cette personne était un fantôme qui hantait votre esprit ! Inconsciemment, vous ruminez son abus et vous faites peut-être à vous-même ce qu’elle vous fait.

Dans ce cas-là, vous devez comprendre les faits suivants :

  1. Cette personne réagit de façon totalement inconsciente. Elle ne fait que répéter les comportements transmis par sa famille d’origine de façon transgénérationnelle.
  2. Elle réagit en fonction de son « hypnose identitaire », de ses croyances hypnotiques, des distorsions cognitives et des mécanismes défensifs provenant de l’enfance.
  3. Puisqu’elle ne connais pas son structure psychique, ni n’a jamais remis en question le « personnage » qu’elle pense être, elle ne reconnaît pas ses comportements.
  4. En réaction à des traumatismes émotionnels qu’elle porte depuis l’enfance, elle projette sur vous sa rage et ses insuffisances. Elle fait cela en fonction de ses besoins compulsifs. Par exemple :
  • Si elle a un besoin compulsif d’être crainte, elle aime vous rabaisser, vous humilier, vous agresser verbalement et même physiquement.
  • Si elle a un besoin compulsif d’exercer son contrôle sur vous, elle vous ignore, vous rejette et invalide vos émotions. Elle ne communique pas avec vous et elle vous invalide complètement.
  • Si elle a un besoin compulsif de vous humilier : elle vous juge et vous critique, elle vous parle avec un sens de l’humour mordant ou avec une honnêteté brutale, elle se moque de vous et vous disqualifie devant les autres.
  • Si elle a le besoin compulsif de vous dominer pour rester le Maître du jeu, elle transfère sur vous le parent qui l’a blessée et elle a des exigences que vous ne pouvez jamais satisfaire et qui vous conduisent au sentiment d’échec.
  • Si elle a le besoin compulsif de refouler ses émotions et de rester dans le déni, elle vous fait sentir coupable de vos protestations et vous fait porter le blâme, en vous disant par exemple que vous êtes mentalement malade et qu’elle a devenu votre victime !

Comme elle réagit selon son dysfonctionnement psychique, voire selon sa psychopathie, vous ne pouvez qu’atteindre le pire ! Elle ne peut pas éviter de déployer ses comportements coercitifs et ses jeux de pouvoir. Vous ne pouvez pas donc vous attendre à ce qu’un jour elle vous traite  avec « ARA » : Amour, Respect et Attention.

Si vous connaissez les comportements de la personne toxique et que vous continuez à atteindre de l’ARA, c’est parce que, comme elle, vous vivez dans un état de régression d’âge. Par conséquent, vous ne pouvez pas répondre de façon adulte à ses manipulations et vous lui donnez le pouvoir de faire de vous sa victime. Cela vous fait beaucoup souffrir.

Qu’est-ce que la régression d’âge ? C’est un état hypnotique qui vous empêche d’agir comme un adulte accompli. Plutôt, vous réagissez selon les besoins et les interprétations d’un enfant de 3 ans. Vous cherchez désespérément à être aimé (e) par cette personne toxique, qui est incapable de vous donner de l’ARA, parce qu’elle-même ne s’aime pas, ni ne se respecte. Si vous régressez en âge constamment face à cette personne, vous soufrez énormément. Vous pouvez donc faire vos valises et partir !

Mais si, en raison de situations indépendantes de votre volonté, vous êtes contraint de vivre avec elle, ou de lui rendre visite pendant les fêtes de Noël, vous pouvez utiliser les antidotes contre sa toxicité. Ces antidotes sont des outils qui vous permettent de vous réveiller de votre hypnose infantile et d’aller vers votre autonomie psychoaffective et émotionnelle. Je vous invite à les utiliser, pour entamer un profond processus d’introspection qui élargira votre vision et transformera radicalement votre vie.

  1. Le premier antidote consiste à s’aimer inconditionnellement.

Aimez-vous sur toute autre chose ! Si la personne toxique vous dénigre, ne croyez pas que vous êtes un « mauvais objet » ! Votre véritable Nature est ineffable. Vous avez des qualités qui sont d’une grande beauté. Pour intégrer ce fait, asseyez-vous pour méditer dans un lieu où personne ne pourrait pas vous perturber. Fermez les yeux et pendant 20 minutes respirez en 4 temps à partir du coccyx, en visualisant l’énergie vitale que se libère de tout votre corps avec chaque respiration. Puis, exhalez complètement d’une seule fois. Faites des respirations circulaires sans vous arrêter. Dans cet espace, ressentez la divinité de votre Être authentique. Si des émotions arrivent, accueillez-les comme vous accueillerez les émotions d’un petit enfant. Embrassez votre « enfant intérieur » et soyez sa mère ou son père.

  1. Le deuxième antidote est la position d’indifférence consciente. Ne montrez jamais vos émotions à la personne toxique !

Il est important de réduire les effets de sa façon de vous blesser. La personne toxique voudrait vous voir désintégré (e) devant elle. Tout ce que vous exprimez va être utilisé contre vous. N’avalez pas son appât ! Ignorez ses jugements et ses regards critiques. Évitez les conflits sans vous écraser. Évitez les conversations blessantes ! Éloignez-vous avec dignité ou avec un sourire d’indifférence ! Autrement, elle va vous pousser à agir d’une manière que vous regretterez le lendemain. Quand elle vous perturbe, ne parlez que de vos besoins. Par exemple : « Excuse-moi, mais je suis fatigué(e) et j’ai besoin de repos ». Ou bien : « Excuse-moi, mais je dois appeler d’urgence quelqu’un ». Pour maintenir le calme, ne parlez que des choses inessentielles avec elle. Communiquez exclusivement avec des personnes qui puissent vous écouter et vous comprendre.

  1. Le troisième antidote consiste à vous poser cette question : « Comment puis-je établir mes frontières psychoaffectives de façon bienveillante et les communiquer de façon efficace ? »

Pour apprendre de vos erreurs, faites l’exercice de la respiration. Ensuite, répondez à cette question en faisant une liste de diverses situations où vous auriez pu fixer des limites de façon bienveillante et efficace. Puis, notez les situations actuelles, dans lesquelles vous ressentez le besoin d’affirmer vos limites. Réfléchissez à la façon de le faire, sans tomber dans les pièges de la personne toxique.

  1. Le quatrième antidote implique d’arrêter de prendre à cœur tout ce que la personne toxique vous dit ou fait.

Ne vous appropriez pas ses comportements. Remarquez que ce n’est pas à vous à qui elle fait cela. Lorsqu’elle vous agresse, elle ne parle qu’à « l’objet mental » qui se trouve dans son esprit. Elle ne le fait pas à vous ! Sa toxicité est générée par la façon dont elle se perçoit inconsciemment. Elle devient donc stupide et elle ne fait que projeter ses propres insuffisances sur vous !

Si vous êtes blessé (e) par son comportement, allez à la rencontre bienveillante de votre « enfant intérieur ». C’est l’aspect de votre psychisme qui nécessite toute votre attention. Asseyez-vous dans un lieu où personne ne peut pas vous perturber. Respirez selon le premier exercice et accompagnez votre « enfant intérieur » à ressentir et à exprimer ses émotions. Donnez-lui votre Présence, l’amour, le respect et l’attention dont il a besoin. Soyez sa mère ou son père. Puis, écrivez dans votre cahier d’introspection tout ce qui lui fait souffrir.

  1. Le cinquième antidote comprendre la remise en question des interprétations de votre enfant intérieur. Posez-vous les questions suivantes pour commencer :
  • « Quelle sont les interprétations de mon enfant intérieur ?» (Faites une liste).
  • Pour chaque interprétation, posez-vous cette question : «Est-ce vrai, à 100% vrais ce qu’il croit ? »
  • « Que se passerait-il si je me détachais de son interprétation ? Comment je me sentirez ?

Ne vous attendez pas à « guérir » votre enfant intérieur. L’enfant auquel vous vous identifiez, n’est qu’un aspect psychique de votre globalité humaine. C’est un « moi » provenant de votre enfance. Il n’est pas le véritable « Je suis » que vous êtes réellement. Il est important de lui accorder toute votre attention et votre Présence. Vous devez le traiter comme un enfant. Devenez sa mère ou son père.

  1. Le sixième antidote consiste à cesser de croire que vous pouvez guérir, réparer ou améliorer la relation avec la personne toxique. Il est très important d’arrêter d’espérer quoi que ce soit d’elle !

Ce n’est pas une bonne idée d’essayer de communiquer avec elle sur ses comportements ou sur aucun autre thème où vous serez manipulé (e). Vous serez frustré (e) car elle est dans le déni et elle ne sera pas d’accord avec vous. Cependant, si l’occasion se présente, posez-lui l’une des questions suivantes sur un ton calme et profond, en la regardant directement dans les yeux :

  • « En quoi est-ce important pour toi de me dire cela ? »
  • « En quoi est-ce important pour toi de me demander cela ? »
  • « En quoi est-ce important pour toi de me dénigrer de cette façon ? »
  • « En quoi est-ce important pour toi de faire ceci ou de m’empêcher cela ? »

Cette question doit indiquer en un seul mot, ce que la personne toxique fait ou dit. Par cette question, vous l’envoyez à elle-même. Faites-le seulement quand vous avez besoin de poser vos limites.

Attention ! À moins qu’il ne soit important d’écouter sa réponse, ne restez pas là à l’écouter. Immédiatement après avoir posé la question, allez tranquillement dans une autre pièce ou faites une promenade et respirez. Laissez l’espace prendre en charge la situation.

  1. Le septième antidote consiste à réfléchir sur les questions suivantes.
  • « Combien de temps suis-je prêt(e) à rester ? »
  • « Quelle est la ligne rouge qui me dira que je dois partir ? »
  • « Est-ce vrai à 100 % vrais que je dois rester parce qu’il n’y a pas d’autre solution ?»
  1. Le huitième antidote implique établir une « distance intérieure » par la pratique du pardon.

Si vous êtes vraiment obligé (e) de vivre avec cette personne pour des raisons impérieuses, vous devez établir une distance intérieure. Vous devez respirer de la manière indiquée dans le premier exercice, tout en ressentant de l’amour pour vous-même. En même temps, créez une boule protectrice d’énergie, qui vous permettra de maintenir l’équilibre des fonctions chimiques de votre corps, qui permettent la régulation personnelle. Imaginez-vous à l’intérieur de cette sphère de lumière. Ensuite pratiquez le pardon. Pour cela, vous pouvez utiliser les 4 phrases de la tradition de réconciliation venue d’Hawaï, appelé : « Ho’oponopono ».

Par exemple :

  1. (Prénom de la personne toxique), je suis désolé, car je ne sais pas comment me conduire avec toi.
  2. Je te demande pardon, car peut-être j’ai ma part de responsabilité dans cette expérience douloureuse.
  3. Je te remercie, car tu m’as mis face à ce problème et, indirectement, grâce à toi j’apprends beaucoup des choses sur moi.
  4. Je te pardonne et te libère maintenant de mon champ d’énergie.
  5. Le neuvième antidote consiste à réaliser des activités plaisantes.

Si vous devez vivre avec la personne toxique, un bon antidote est de faire une activité qui vous plaise ou qui vous oblige à garder le silence à côté de cette personne. Par exemple lire, écrire, faire un puzzle, coudre, marcher, jardinage, etc. Choisissez des activités plaisantes comme marcher, écouter de la musique, danser, faire de yoga, méditer ou pratiquer le Qi Gong, relaxer devant la TV, regarder un bon film, etc. Ou bien, visitez des amis, ou des personnes avec qui vous souhaitez initier un projet. Faite une liste de tout ce que vous désirez faire.

  1. Le dixième antidote consiste à communiquer avec vous-même sur vos véritables besoins.

Faites une liste de tout ce dont vous avez vraiment besoin. Ensuite, commencez à réfléchir à la manière de subvenir à ses besoins. Même si c’est la pire période de votre vie, vous allez le traverser. Voyez-la comme un cauchemar illusoire. Concentrez-vous sur le fait de traverser cette épreuve et de vous réveiller du cauchemar.

  • L’un de vos besoins, est de partager ce qui se passe dans votre vie avec quelqu’un qui va vous écouter.
  • Autre besoin est de restaurer votre dignité et votre estime personnelle. Vous avez besoin de restaurer la confiance en vous-même.
  • Vous avez besoin de démanteler la mauvaise perception que vous avez de vous-même, par l’influence nocive de la personne toxique.
  • Vous avez besoin de reconnaître la dynamique dysfonctionnelle qui a établi la personne toxique.
Voici une brève description de différentes dynamiques dysfonctionnelles :
  • Le système familial patriarcal et autoritaire.
  • Le système familial rigide.
  • Le système familial chaotique et/ou laxiste.
  • Le système familial corrompu eu dévoyé.

Chaque famille dysfonctionnelle a ses propres caractéristiques, mais il y a trois défaillances courantes qui leur sont communes.

La première défaillance : c’est l’ignorance totale du dysfonctionnement psychologique de la personne toxique et de son hypnose identitaire. Aucune personne ne sait à quel degré la personne toxique vit dans un état chronique de régression d’âge. Personne ne sait non plus, à quel point chacun influence le reste de la famille.

La deuxième défaillance est le manque de communication. C’est très rare qu’une famille crée des espaces privilégiés pour savoir comment chaque membre vit ce qui se passe au sein de la famille, pour communiquer les non-dits et parler du ressenti de chacun. De surcroît, aucune famille ne pourrait communiquer quoi que ce soit au sujet de l’hypnose identitaire qu’elle ignore !

La troisième défaillance est l’établissement de rôles fixes hypnotiques. Les enfants adoptent des attitudes et comportements fixes qui ne leur appartiennent pas, mais qui leur sont transmis par leurs aînés. Ces rôles continuent à hypnotiser la famille dans sa totalité. Par exemple : le « sauveur » de la famille. Le « bouc émissaire » de la famille. Le « pilier qui contrôle la famille ». Le « papa » ou la « maman » de l’un des parents. L’invisible » de la famille. Le « médiateur » de la famille. Etc. Tous ses rôles produisent des perturbations psychologiques chez les enfants. Lisez ici le cas de l’enfant qui a joué le rôle de partenaire romantique.

 

1. regardons le système familial patriarcal et autoritaire

 

Dans un système autoritaire, un membre de la famille bloqué dans une étape de son développement infantile exerce un pouvoir dominant sur le reste de la famille : c’est le patriarche ou la matriarche, celui qui commande et décide tout pour tous. Cette personne se positionne comme étant supérieure aux autres membres de la famille et elle impose des règles nuisibles et « non discutables ». Les voici :

  • L’obéissance aveugle.
  • La répression des émotions hormis la peur.
  • La destruction de la volonté individuelle.
  • La répression de toute idée opposée à celles du patriarche.

Les enfants et le conjoint ou les subordonnés doivent obéir, peu importe le type de commandement et la manière dont ces commandements sont exprimés. L’obéissance est considérée comme « vertueuse ». C’est l’un des concepts dérivé de la notion de « bien » et de « mal » dont nous avons parlé hier. La « vertu » est positionnée du côté du « bien ». Cela justifie les attitudes du patriarche qui exerce une pression psychologique par laquelle il ou elle obtient la soumission totale de « ses sujets ». Cela garantit la permanence de son « hypnose identitaire » et de ses systèmes défensifs.
Les conséquences sont dévastatrices pour toute la famille. La colère est réprimée par le patriarche ou la matriarche de façon tranchante, même si elle n’est exprimée que par la protestation ou l’objection. Par exemple, le patriarche vous dirait sans aucune explication : « Tais-toi et fais ce que je te dis ! » ou « c’est moi qui commande ici ! ». Mais cela n’est rien comparé à toutes les sortes de jeux psychologiques que le patriarche utilise pour préserver son pouvoir, car dans le fond il est une personne amère et paranoïaque. Il utilise la pression, la violence, l’humiliation ou le dénigrement. Mais aussi la séduction, la culpabilisation, la persuasion, etc.
Le patriarche contrôle les autres en faisant d’eux des zombies. Il est facile de défendre son pouvoir en imposant ses idées dans un système où les autres n’ont droit ni à la parole, ni à l’expression de leurs opinions. En utilisant la vieille stratégie de la peur pour obtenir ce qu’il ou elle veut, il ou elle infantilise les sujets. Ils ne peuvent ni développer leur aptitude à la réflexion consciente, ni leur intellect subtil, ni leur intelligence émotionnelle. Ils perdent leur capacité à s’affirmer, à se défendre ou à se battre pour ce à quoi ils croient.
Les enfants et les adultes immatures, dépourvus du pouvoir émotionnel adulte, sont dépendants du patriarche. Ces êtres humains n’ont aucune autre possibilité que de se soumettre ou de se révolter. Ces deux attitudes alternent lorsqu’on souffre de ce type de mystification familiale.

Si vous avez été victimes du patriarcat, et que vous n’avez rien questionné,
vous êtes bloqué(e) dans les premières étapes de développement.

Vous expérimentez encore aujourd’hui des états hypnotiques, alternant entre la « soumission » et la « révolte ». Vous vivez encore en fonction de vos parents et vous n’incarnez pas ni votre pouvoir émotionnel, ni votre autonomie d’adulte.

 

2. Le système familial rigide

 

Dans la famille rigide, les règles dominantes sont le perfectionnisme, le contrôle et le blâme, le pouvoir d’une autorité fondée sur des règles communes. Dans cette configuration, un membre de la famille donne le bon exemple et la « bonne éducation ». Il impose ses propres points de vue et des règles non discutables. Les autres sont obligés de s’y adapter.

  • L’attention est principalement focalisée sur le bon fonctionnement, la bonne éducation, les obligations et la propreté…
  • La mystification de l’amour est : « L’amour est un devoir, l’amour est obligatoire, l’amour est de l’autosacrifice ».
  • Les repères psychoaffectifs sont rigides à l’intérieur et à l’extérieur du foyer.
  • Les demandes implicites sont : « Fais plus d’efforts», « Ne ressens rien ».

Si vous avez survécu à un système familial dysfonctionnel dans lequel les règles étaient rigides, vous avez certainement constaté qu’il n’y avait pas de communication. Dans ce style de famille, l’adulte qui détient l’autorité absolue dissimule sa honte toxique, son doute, sa peur et sa culpabilité en adoptant un « personnage » impeccable et savant. Il en résulte que chaque membre de la famille se cantonne de plus en plus dans une identité fallacieuse et psychorigide, où tout le monde croit être très aimant, car chacun doit être très correct. Cependant, l’expression de l’amour est très limitée.

 

3. Le système familial chaotique ou laxiste

 

Dans le système familial chaotique, les parents, fixés dans l’une des étapes de croissance infantile, sont eux-mêmes comme des « petits enfants ».

  • L’attention est focalisée sur la surprotection des enfants.
  • La règle dominante dans ces familles est « l’inconsistance » des règles.
  • Le repère psychoaffectif est l’enchevêtrement. Les parents demandent implicitement à leurs enfants de soigner leur doute primal, leurs peurs, leur manque ou leur vide psychoaffectif…
  • La mystification de l’amour est : « Je t’aime plus que moi », « Je prends soin de toi », « Ma vie t’est dédiée ».

Ils demandent implicitement à leurs enfants de « soigner » leur doute primal, leurs peurs, leur manque ou leur vide psychoaffectif…

Dans ce contexte-là, le laisser-faire est déguisé en principe libéral, mais en fait les parents ne savent pas comment prendre leur place. Ils ne savent pas installer de règles saines ou de frontières psychoaffectives claires. Les enfants manquent de repères, de rituels sains. Il se peut qu’il n’y ait ni unité familiale, ni liens psychoaffectifs clairs…

Dans ce cas-là, l’enfant adopte aussi deux positions :

  • Il se sent supérieur à ses parents et devient le tyran qui impose ses propres règles.
  • Ou bien, il se soumet à l’utilisation de ses parents et devient leur petite maman ou leur petit papa.

Les enfants testent les frontières de leurs parents en leur imposant leurs propres règles. En l’absence de repères émerge le « syndrome des deux clans ». Les parents et les enfants s’affrontent dans une bataille où les enfants gagnent et deviennent des tyrans. C’est terrible parce que ces enfants ne dépassent pas la deuxième étape de leur développement et par manque de repères chez eux, ils transgressent constamment à l’école les frontières des autres. Cet état de fait engendre chez les professeurs un stress chronique.
Plus tard, à partir de l’adolescence, ces enfants sont incapables de s’adapter à des règles communes. Ils peuvent devenir des vagabonds, des drogués, des êtres abattus ou dépressifs incapables de subvenir à leurs besoins fondamentaux.

 

4. Le système familial corrompu ou dévoyé

 

Dans le système familial dévoyé, on trouve de la violence, de la cruauté, de l’abus sexuel, de la négligence extrême, l’imposition de règles arbitraires, du chantage, des doubles messages et le déni de tout ce qui se passe.

  • L’attention se focalise sur la pathologie de l’un des parents et les enfants ne reçoivent pas aucune attention psychoaffective.
  • La règle fondamentale est une domination désorganisée, sans repères, exercée par quelqu’un souffrant d’un trouble de la personnalité borderline ou narcissique, d’un autre type de psychopathologie ou d’une dépendance à l’alcool ou aux drogues.
  • La mystification de l’amour est :« J’ai tous les droits sur toi».
  • Le « repère » psychoaffectif est abusif : c’est l’utilisation de l’autre, la négation de ses besoins, la négligence extrême et les punitions arbitraires. Ce type de « chosification » empêche l’enfant d’évoluer vers une autonomie adulte, de sentir son intériorité profonde. Il reste ainsi infantile et ne dépasse pas l’âge psycho émotionnel de l’adolescence.

Dans ce système familial, l’un de parents est alcoolique, drogué ou mentalement malade. Cela génère des barrages énormes concernant la communication. Le non-dit et le manque de vérité sont la règle. L’enfant est rejeté, ignoré, chosifié, traité comme un chien abandonné…Il se sent incorrect, inexistant, dévalorisé, inadéquat, etc.
L’enfant a besoin d’amour, de respect de ses limites psychoaffectives, d’attention pour ses besoins fondamentaux, de communication, d’être vu pour ce qu’il est. Mais dans ce type de famille, ses besoins ne sont pas respectés. Souvent l’enfant doit survivre à toutes sortes d’abus, y compris des abus sexuels.
Dans ce climat malsain, l’enfant se dissocie pour survivre ou il se suradapte à cette situation insoutenable, car sa honte toxique est énorme et il doit la refouler.
Si la famille vit dans la pauvreté, l’ambiance peut être délétère, le lieu d’habitation n’est peut-être pas soigné ou manque d’hygiène.
Bien sûr les enfants de ce type de famille ont des problèmes de concentration à l’école. Ils apprennent à voler, à mentir, à agresser, à tricher, etc. Ou bien, ils apprennent à faire bonne figure devant la gravité de leur situation, car tout ce qu’ils connaissent est cet environnement.
L’enfant s’habitue à transformer les effets de la négligence en quelque chose de banal au quotidien, car il n’a aucun espace pour en parler. Il conclut qu’il vaut mieux survivre dans cette ambiance plutôt que de risquer de mourir de faim.

Si vous découvrez le type de famille dans lequel vous avez grandi, vous pouvez comprendre que vous avez besoin d’un processus d’introspection approfondi pour remettre en question le conditionnement qui vous hante. Cependant, vous devez savoir ceci : si vous avez eu un parent narcissique, il est possible qu’il a été extrêmement toxique et que vous souffrez d’un stress post-traumatique. Lissez ici les effets traumatiques de son abus.

 

Quel que soit le type de famille d’où vous venez,
la présence ou l’absence de votre vécu n’ajoute rien, ni ne retire rien à
l’Être authentique que vous êtes réellement.